LES EPHEMERES
Si l'on devait feindre la vie Si l'on savait teinter la vie Si la vie on pouvait gommer Si l'on pouvait redessiner Si l'on savait comme les anges Si l'on avait à réécrire Les éphémères que nous sommes une trace oubliée du monde
Les éphémères
chaque jour la redéfinir
comment résister à l'envie
sur le passé de revenir
comme on retouche une aquarelle
ou l'on délave des lavis
elle semblerait alors trop belle
pour en effacer les erreurs
et ne jamais plus les nommer
pour en attiser les couleurs
le trait de nos malentendus
changer nos humbles destinées
nos faux semblants, nos temps perdus
repeindre la vie à l'envers
le violet recouvrir d'orange
sur le rouge appliquer du vert
cette vie qui n'est rien sans nous
faudrait-il alors nous punir
devant le ciel plier genoux?
n'ont guère le temps que d'un sourire
les angelots ne sont pas des hommes
peindre la vie n'est qu'un soupir
une tache d'encre qui défile
un frisson, un écho, une onde
puis un grand vide...inutile CHRISTIAN BOURRIER